À l’heure où la désinformation gagne en sophistication et où les deepfakes brouillent les frontières entre le vrai et le faux, la Conférence internationale de la presse francophone (CIPREF) apparaît comme un espace stratégique de réflexion et de confrontation d’idées. En réunissant des journalistes venus de toute l’Afrique et d’autres horizons, la CIPREF offre un cadre d’échanges essentiel pour penser l’avenir du journalisme francophone dans un monde dominé par l’intelligence artificielle.
Dans ce forum où les expériences se croisent et les réalités se répondent, un constat s’impose : la crédibilité du journaliste est aujourd’hui mise à rude épreuve. La notoriété d’un média, qu’il soit national ou international, ne suffit plus à garantir la fiabilité d’une information. La règle partagée par les participants est sans équivoque : toute information doit être vérifiée, recoupée et contextualisée avant d’être diffusée.
Les débats ont également révélé une approche nuancée de l’intelligence artificielle. Loin des discours alarmistes, la CIPREF invite à considérer l’IA comme un outil ambivalent : capable d’améliorer la pratique journalistique, mais aussi d’être instrumentalisée à des fins de manipulation. Face à cette réalité, les journalistes francophones sont appelés à renforcer leurs compétences en fact-checking, en culture numérique et en éthique professionnelle.
Au-delà des outils, la conférence rappelle une évidence souvent oubliée : le journalisme reste avant tout une responsabilité humaine. Aucun algorithme ne peut remplacer le discernement, le sens critique et l’engagement du journaliste envers le public. Informer ne suffit plus ; il faut expliquer, démonter les mécanismes de la désinformation et contribuer à l’éducation aux médias.
En offrant cet espace de dialogue entre professionnels du continent africain et d’ailleurs, la CIPREF s’affirme comme un rendez-vous incontournable pour repenser le journalisme francophone. À l’ère des contenus automatisés, elle rappelle que la vérité ne se délègue pas à la machine : elle se construit, collectivement, par des journalistes formés, vigilants et attachés à l’éthique.